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Action de charger une voiture électrique avec les énergies renouvelables.

La mobilité électrique 1/2

16/05/2023 - 10:05
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Action de charger une voiture électrique avec les énergies renouvelables.

La dernière chance au dernier moment ?

À en croire les derniers rapports alarmistes du GIEC, mais aussi de simples observations du paysage, notamment alpin, on pourrait le penser…

En 2020, la mobilité représentait un tiers des de notre consommation d’énergie totale, soit juste derrière le bâtiment, qui en consomme près de 45 %, selon Énergie suisse !

Mais ces chiffres s’inversent avec les émissions de CO2, là où se situe l’urgence, car c’est le secteur des transports qui est responsable de 32% des émissions totales de dioxyde de carbone dans notre pays, loin devant celui des bâtiments (24%)…       

Or, c’est justement sur ces deux secteurs particulièrement vitaux de notre société que les marges de progression sont les plus importantes, en particulier sur l’économie et la décarbonation.  

En effet, si le bâtiment peut entièrement être revu à l’aune des énergies renouvelables, en particulier au niveau de la climatisation, c’est aussi le cas pour la mobilité !

Un peu de technique ?  

Le rendement des moteurs  

Avec un moteur thermique, le rendement n’excède pas, dans des conditions optimales, 36% pour l’essence et 42 % pour le diesel, beaucoup moins en ville, où ces moteurs restent le plus souvent à faible charge, péjorant grandement leur efficacité.  

Le reste, soit la majorité de l’énergie utilisée, se dissipe inutilement en chaleur et en frottements.

Le moteur électrique chuinte (imperceptiblement) une tout autre histoire, car son rendement peut atteindre, voire dépasser 90% dans la plupart des conditions, y compris en ville, sans parler de la récupération de l’énergie cinétique au freinage !  

En utilisation, un moteur électrique offre donc un rendement 3 ou 4 fois supérieur à un moteur thermique de puissance égale.

Les émissions de carbone

Le moteur thermique émet des gaz d’échappement nocifs issus de la combustion du pétrole et de ses dérivés, principalement des oxydes de carbone (monoxyde, dioxyde, CO, CO2) et des oxydes d’azote (Nox) ces deux gaz ne pouvant pas être traités par le pot catalytique,

D’autres polluants (HAP, particules fines, etc.) sont aussi rejetés dans l’atmosphère, même si de nombreux progrès ont été accomplis dans ce domaine.

De son côté, le moteur électrique ne possède pas de pot d’échappement. Et cette courte phrase résume l’ensemble du sujet : le moteur électrique n’émet rien, c’est donc une solution immédiate au problème le plus urgent, la réduction de nos émissions de CO2 !

Tous les véhicules peuvent bénéficier de l'électrification.

La controverse

Comme dans tout changement de paradigme, en particulier avec autant d’implications, de grands intérêts sont en cause, ce qui implique obligatoirement de grandes résistances…

En mettant de côté celles de ceux qui décrient toute forme de mobilité individuelle par principe, l’arrivée des véhicules électriques provoque de nombreuses critiques, pas toujours justifiées.

Au-delà des milieux pétroliers, de nombreux métiers sont actifs l’automobile :  importateurs de pièces détachées et sous-traitants, garagistes compris, voient d’un mauvais œil, et c’est compréhensible, l’arrivée de cette nouvelle mobilité qui menace une partie de leurs activités…

Pourquoi ?

Parce qu’un véhicule électrique nécessite BEAUCOUP moins d’entretien !

Vidange, filtre à air, bougies, courroie de transmission, boîte à vitesse, tout ceci disparait !

S’y ajoute peu de réglages, et des freins qui ne s’usent que si l’on s’en sert, ce qui est rarement le cas, récupération d’énergie oblige…

Quésaco ?

La plupart des véhicules électriques (tous dans un avenir proche) sont équipés d’une récupération de l’énergie cinétique lors des phases de ralentissement, le freinage régénératif.

Quand vous cessez d’accélérer, une résistance est appliquée aux roues par le moteur non alimenté, qui agit à ce moment-là comme un générateur, directement entrainé par le poids du véhicule (énergie cinétique) jusqu’à son arrêt complet !

Ce type de freinage régénératif (l’énergie récupérée est envoyée dans la batterie du véhicule) augmente l’autonomie du véhicule de 10 à 30 % selon les usages, ce qui est loin d’être négligeable.

Ce nouveau procédé s’appelle « conduite à une pédale », car si une pédale de frein demeure pour les urgences, le coefficient d’utilisation des freins classiques est réellement divisé par dix ou vingt, tant on s’habitue rapidement à décélérer en levant le pied, et ce jusqu’à l’arrêt complet.

À titre d’exemple, l’auteur de cet article se déplace en véhicule électrique depuis 5 ans.

Après 150.000 KM, l’usure des freins est de 50%, ce qui signifie que les plaquettes, principales émettrices de particules fines en dehors du moteur à explosion, ne seront pas changées pendant toute la vie du véhicule, ou alors juste une fois, selon le style de conduite !

Restent les pneus, qui émettent aussi ces redoutables particules fines.

Et là, le véhicule électrique pollue aussi : peut-être un peu plus, en raison de son poids plus élevé, peut-être un peu moins, en raison de la progressivité de son freinage régénératif ; les études manquent, mais il pollue quand même, c’est un fait.

Cependant, selon une récente étude de l’Agence européenne pour l’environnement (AEE) les pneus sont à l’origine de 10 % des émissions totales de particules fines (essentiellement des résidus de caoutchouc) le reste se partageant majoritairement entre chauffages et moteurs thermiques.

N’oublions pas le problème des batteries, bien réel lui aussi.

Si, pendant longtemps, leur recyclage s’avérait problématique, surtout avec les batteries au lithium, l’essentiel du marché actuel, la situation évolue rapidement avec de nouveaux procédés industriels mécano chimiques, comme l’hydrométallurgie, qui permettent de récupérer jusqu’à 90 % du nickel, du cobalt, du lithium ou du manganèse que contient une batterie.

Selon l’entrepreneur suisse Jodok Reinhardt, fondateur de Librec SA qui construit actuellement une usine de recyclage à Biberist, dans le canton de Soleure, un taux de récupération de 96 % est même envisageable : de quoi alimenter la fabrication de nouvelles batteries en Suisse ?
L’avenir nous le dira, mais dans ce secteur aussi, l’économie circulaire est engagée.

https://www.ambisagrus.ch/la-mobilite-electrique-22